La hausse de leur pouvoir d’achat moins ressentie par les ménages français

Si l’on en croit à un récent rapport de l’Insee, il y a eu en 2019 une hausse de 2,1% du pouvoir d’achat des Français. Ces derniers sont cependant nombreux à être sceptiques quant à la correspondance de ce chiffre à la réalité d’après une récente révélation de l’observatoire Cetelem.

Un choc frontal entre la réalité statistique et le ressenti des Français

Quand il était encore en campagne, Emmanuel Macron a énoncé parmi ses priorités l’augmentation du pouvoir des Français. Et quand il a accédé à l’Élysée, il n’a pas tardé à agir pour répondre à cet objectif. Il devrait être ainsi le premier à exprimer sa satisfaction après la publication des chiffres de l’année 2019 par l’Insee. Ce dernier avance en effet une augmentation de 2,1% du pouvoir des Français. Les mesures qui ont été adoptées jusque-là pour répondre à cet objectif comme l’abandon progressif de la taxe d’habitation et la baisse de cinq milliards d’euros d’impôts sur le revenu semblent donc avoir porté ses fruits. Mais beaucoup de Français ne partagent pas cet avis, 48% d’entre eux pensant même qu’ils devront encore serrer plus leur ceinture. Ce qui est en déca de la moyenne Française de 32%. Raison pour laquelle, Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem de la consommation, a parlé d’un choc frontal en parlant de la désapprobation des Français de cette réalité statistique alors que l’exécutif s’en félicite.

L’augmentation des dépenses pour le logement en cause

Comment donc expliquer cette désapprobation ? Flavien Neuvy, il s’agit surtout de la conséquence :

  • Du niveau encore élevé de par des revenus dédiés au logement, le prix à payer pour l’accès à la propriété ou pour la location étant de plus en plus important, notamment dans les grandes villes.
  • De l’augmentation des dépenses contraintes, dont celles liées à la santé à cause du vieillissement de la population
  • De l’augmentation en nombre des dépenses « pré-engagées », en ne citant que les abonnements Internet, les abonnements télé, les abonnements téléphoniques et les abonnements sur les plateformes de visionnage de vidéo en ligne.

Tous ces facteurs ne peuvent que créer chez une bonne partie des Français un sentiment de diminution de leur pouvoir d’achat.

L’augmentation de l’épargne comme une manifestation de l’augmentation de l’inquiétude

Le Chef d’État n’a pas perdu une si grande occasion de vanter sa politique économique suite à la publication des chiffres sur le pouvoir d’achat des Français concernant l’année 2019. Les Français, de leur côté, étaient dubitatifs quant à la teneur de son discours, pensant, pour la plupart, que l’Insee n’a pas donné les bons chiffres. Et leur pessimisme et prudence à ce propos se traduisent par un phénomène qui gagne de plus en plus d’ampleur en France : l’augmentation incessante du taux d’épargne de précaution des ménages français.